George R.R. MARTIN – Riverdream

riverdreamIllustration de couverture : Alain Brion
Titre original : Fever Dream (1986)
Broché paru le : 24 janvier 2012
Editeur : Mnémos
Collection : Icares
ISBN : 978-2-354-08132-4
Nb. de pages : 336 pages
Prix constaté : 22€

Résumé :
Mississippi, 1857.
Quel capitaine de vapeur sensé refuserait le marché de Joshua York ? Cet armateur aux allures de dandy romantique offre des fonds illimités pour faire construire le navire le plus grand, le plus rapide et le plus somptueux que le fleuve ait jamais connu. En échange de quoi ses exigences paraissent bien raisonnables : garder la maîtrise des horaires et des destinations, et, surtout, ne jamais – à aucun prix – être dérangé dans sa cabine hermétiquement close, dont il ne sort qu’une fois la nuit tombée.
Voilà enfin l’occasion qu’attendait le capitaine Marsh, vieux loup de rivière aux proportions gargantuesques, pour relancer sa compagnie en perte de vitesse. Si ce formidable vapeur lui permet de coiffer ses concurrents au poteau, peu lui importe les lubies de l’étrange armateur. Jusqu’au jour où une vague de meurtres sanglants apparaît dans le sillage du Rêve de Fèvre…

Impressions :
Bon, ceux qui me connaissent un peu savent que j’adore George R.R. Martin et son Trône de fer, dont je suis fan. Du coup, j’étais curieuse de découvrir ce roman, sa réédition chez Mnémos (avec une magnifique couverture s’il vous plait !) tombait à pic ! Je dois dire que je suis plutôt heureuse de la découverte, « Riverdream » dégageant une atmosphère unique, entre moiteur et rêve…

  Dans « Riverdream », George R.R. Martin revisite le thème du vampire, tout en prenant le parti de retourner aux sources même du mythe. Ne vous attendez donc pas à retrouver les poncifs du genre que l’on retrouve beaucoup ces derniers temps, vous seriez déçu. Car « Riverdream » exhale une atmosphère de sueur et de brume particulièrement oppressante, mais incroyablement retranscrite. On respire à plein poumons les vapeurs du Fevre et on descend littéralement le fleuve en compagnie d’Abner Marsh et de Joshua York, les deux protagonistes du roman. Il faut dire que l’action du roman se déroule en grande partie sur le Mississipi, et pas à n’importe quelle époque, puisque c’est l’ère de l’esclavagisme et du bateau à vapeur. L’époque choisie joue d’ailleurs un grand rôle sur l’intrigue, tout comme le lieu en lui-même, étant donné que le Mississipi possède ici une âme à part entière, on peut dire que le fleuve est aussi (voire plus) important que les personnages. Personnellement, j’adore vraiment ce type d’ambiance, personnifiée à l’extrême, l’immersion dans le récit ne s’en fait que plus facilement.

  Au demeurant, le roman dispose d’un environnement essentiellement masculin : des marins aux mécanos, en passant par les petites frappes des quartiers mal famées, les femmes sont finalement peu présentes. Il y a aussi les valeurs poursuivies par le personnage d’Abner Marsh, qui sont typiquement viriles : fierté, sens de l’honneur, esprit de compétition, le capitaine ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins, soit faire du Rêve de Fevre le vapeur le plus prestigieux de tout le Mississipi. Mais c’est surtout un homme d’une loyauté exemplaire et sa relation avec le ténébreux Joshua York s’avère être le sel de l’intrigue. Les deux hommes que tout opposent, tisseront une relation forte, entre amitié et fidélité, et rarement deux personnages m’auront paru autant charismatiques ! Si Abner Marsh est décrit comme un être laid, mal dégrossi et relativement taiseux (seuls les vapeurs l’intéressent), Joshua est quant à lui l’archétype même du vampire charismatique : beau, raffiné et élégant, il affectionne la poésie. Finalement, j’ai de loin préféré Abner Marsh, qui est un personnage changeant et difficile à cerner, tant il évolue tout au long de l’intrigue. Un de ces personnages bourrus que l’on finit par apprécier. Surtout que c’est quelqu’un de très droit, qui n’abandonne jamais.

  Mais revenons-en au côté fantastique de l’intrigue qui s’avère inquiétante et sanglante à souhait. George R. R. Martin puise aux origines du mythe vampirique pour nous servir des vampires sans foi ni loi, fidèles à leur « maitre », un être d’un âge si obscur qu’il nous glace d’effroi. Ici, on « saigne » avec plaisir et les mystérieuses disparitions sont nombreuses. Je dois dire que c’est comme ça que je m’imagine les vampires : cruels, imperturbables et hautains. La vision du vampire romantique, très peu pour moi. Ce qui fait que j’ai été conquise par ce roman à l’atmosphère poisseuse et ténébreuse, qui séduit par sa réalisation maitrisée et convint par ses personnages à la psyché fouillée. Un must en terme vampirique.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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