Amy SACKVILLE – Là est la danse

là-est-la-danseTitre vo : Still point (2010)
Broché paru le : 12 janvier 2012
Editeur : Les Escales
ISBN : 978-2-365-69000-3
Nb. de pages : 365
Prix constaté : 22.50€

Résumé :

En 1899, l’explorateur Edward Mackley part à la conquête du pôle Nord.
Sa jeune épouse, Emily, attend son retour, en vain. Prisonnier de la glace, le corps d’Edward est retrouvé au bout de soixante ans. Dans sa main, un journal de bord retraçant l’odyssée de l’équipage et une photo d’Emily, qui se laisse mourir. Un siècle plus tard, au cours d’une journée d’été étouffante, sa descendante, Julia Mackley, déambule dans la maison familiale, s’efforçant de mettre de l’ordre dans les reliques de cette expédition funeste.

Mais tandis qu’elle se plonge dans le passé de ses aïeux, Julia découvre une vérité qui fait voler en éclats ses certitudes et éclaire d’une lumière nouvelle les fêlures de son propre mariage…

Ce que j’en ai pensé :

  Premier roman écrit par une jeune auteure anglaise et finaliste du prestigieux Orange Prize, « Là est la danse » est aussi le premier roman publié par la nouvelle maison d’édition Les Escales. Salué Outre-Atlantique pour sa construction soigné et sa plume rythmique, j’étais plus que curieuse de découvrir ce roman. Je ressors de ma lecture avec un sentiment ambivalent car si j’ai trouvé l’écriture de qualité, je l’ai parfois aussi trouvé pesante. Explications.

  « Là est la danse » est l’histoire émouvante d’un jeune couple séparé par un drame. Julia Mackley qui vient d’hériter de la maison familiale, décide de mettre de l’ordre dans les vestiges de ses ancêtres, et se met à parcourir journaux et reliques du passé enfouis dans la maison. Elle découvre alors l’histoire déchirante de son illustre aïeul, l’explorateur Edward Mackley et de sa jeune épouse Emily. Parti en 1899 pour une expédition dans le pôle Nord, celui-ci n’est jamais revenu, prisonnier à jamais des glaces…

  Découpé en six parties, elles-mêmes divisées en plusieurs « scènes » de la vie de Julia, son mari Simon et son ancêtre Edward, le roman nous plonge alternativement dans le quotidien de ces deux couples qu’un siècle sépare, mais qui finalement possèdent beaucoup de points communs. Les allées et venues entre passé et présent s’insèrent à même la narration et l’on éprouve parfois quelques difficultés au début à s’y retrouver. On a l’impression que subitement des bribes du passé refont surface pour s’envoler quelques instants plus tard. Un procédé insolite mais que j’ai trouvé très authentique car c’est un peu de cette manière que fonctionne nos esprits, les souvenirs remontent de temps à l’autre sans avertissement.

  Si le roman polyphonique nous laisse entendre plusieurs voix comme dit précédemment, celles-ci nous sont en fait amenées par un narrateur omniscient, qui épie le couple, ses allées et venues et nous rend compte directement. J’ai rarement vu un tel procédé en littérature, et j’avoue été à la fois charmée et dérangée par ces instantanés de la vie qui nous mettent un peu dans une position d’observateur voire de voyeur. Le roman est dense, le récit des trop courts moments partagés entre Emily et Edward sont poignants et très intenses, on sent l’émotion nous serrer la gorge. Il en va de même pour le récit de l’expédition d’Edward, dont on perçoit toute la solitude et la fragilité jusqu’au moment où il se décide à abandonner tout espoir. L’écriture d’Amy Sackville, poétique et pudique, pourra en déstabiliser plus d’un. Car l’auteur joue avec les mots, les goûtent sur son palais pour ensuite les déposer sur la page, certes avec virtuosité mais aussi avec un peu trop de lenteur et de redondance, tel que l’on finit par s’empêtrer dans l’histoire. Je pense que le récit aurait gagné à être conté avec plus de simplicité, car qui dit plume de qualité ne devrait pas dire lecture laborieuse.

  En bref, un roman bouleversant et bien écrit, usant de procédés originaux et astucieux mais qui aurait gagné à plus de légèreté dans son style de narration.

Verdict : Roulette russe

roulette-russe

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