Kentarô UENO – Sans même nous dire au revoir

sans-même-nous-dire-aurevoirTitre vo : Sayonara wo iwazuni (2010)
Broché paru le : 4 novembre 2011
Editeur : Kana
Collection : Made In
ISBN : 978-2-505-01318-1
Nbr de pages : 287
Prix constaté : 12.70€

Résumé :

Kentarô Inoue est mangaka. Il habite, avec sa femme et sa fille de 10 ans, dans une petite maison qui lui sert aussi d’atelier. C’est une famille heureuse. Jusqu’au jour où, alors qu’il s’apprête à se coucher, il la retrouve allongée face contre sol, inerte. « Sans même nous dire au revoir » raconte ce qui s’est passé ensuite dans la vie de l’auteur jusqu’à aujourd’hui.

Ce que j’en ai pensé :

  « Sans même nous dire au revoir » est un oneshot triste et un peu étrange, qui retrace le parcours du deuil du mangaka Ueno Kentarô lors du décès de sa femme. C’est donc un récit autobiographique et réaliste, qui fait la part belle aux sentiments et aux impressions « à chaud » de l’auteur confronté à la mort. Le manga est épais (presque 300 pages) et dense, le mangaka s’arrêtant parfois sur une sensation, pour ensuite s’intéresser à l’aspect plus « matériel » de la mort : les cérémonies funéraires japonaises, le coût des obsèques, les rites qui leur succèdent, etc. On se rend compte que par-delà l’horreur de la perte et du chagrin, c’est toute une machine qui se met en branle.

  Le mangaka reste très pudique dans son récit, et certains moments de grâce touchent le lecteur au cœur, comme lorsque celui-ci croque un portrait réaliste de sa femme avec beaucoup de tendresse. On peut dire que ce manga a été une manière pour lui de faire son deuil, de prendre pleinement conscience que l’être aimé ne reviendra pas et de finalement l’accepter. De cette manière, Ueno Kentarô dessine parfois quelques planches surréalistes, comme si une spirale infernale engloutissait toute sa raison et provoquait en lui un vertige. J’ai trouvé cela un peu étrange, même si j’ai bien compris où le mangaka voulait en venir.

  Au-delà de ces dessins singuliers, le trait de l’auteur est un peu « à l’ancienne », avec une griffe résolument réaliste mais pas toujours très harmonieuse ou adroite. Les visages sont très peu expressifs, un peu froids, on sent que l’auteur a du mal à faire passer l’émotion dans son trait, comme s’il cherchait à rester détaché de tout ça. Je vous dis tout de suite, je n’ai pas particulièrement adhéré à ce style, ce n’est franchement pas le point fort du manga. Le peine et le désespoir passe principalement par le texte, l’auteur s’interroge beaucoup, sur les circonstances de la mort de sa femme, sur leur vie passée et sur le souvenir qu’elle lui laissera. Néanmoins, le manga touchera certainement plus ceux qui ont perdu un proche, au risque pour les autres de se sentir un peu éloigner de cette prise de conscience.

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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