Hal DUNCAN – Le livre de toutes les heures, tome 1 : Vélum

Le-livre-1Titre vo : The Book of All Hours, book 1: Velum (2005)
Illustration de couverture : Bastien L.
Editeur : Folio
Collection : SF
ISBN : 978-2-07-044680-3
Nbr de pages : 814
Prix constaté : 10.90€

Résumé :
Depuis des temps immémoriaux, le trône de Dieu est vacant. Ses anges et tous ceux dont le sang se charge d’une parcelle de divin, les Amortels, se sont divisés en deux clans : les Souverains et l’Alliance. Le conflit qui les oppose s’étend à tout le Vélum, ce tissu de mondes en comparaison duquel notre Terre n’est qu’une trace de crasse sous l’ongle d’un pouce. Pour Phreedom Messenger, qui recherche son frère, Thomas, et refuse de choisir un camp, le temps est compté car la guerre des Cieux sera bientôt totale.

Ce que j’en ai pensé :
Marre des récits de Fantasy conventionnels qui vous baladent de quête en prophétie ? « Vélum » pourrait bien être la bouffée d’air frais qu’il vous faut… ou le pire cauchemar, c’est selon. Si vous appréciez les romans à la trame complexe, que les poupées russes et autres joyeusetés du genre ne vous rebutent pas, alors il y a de grande chance pour que « Vélum » soit du pain béni pour vous. Mais si vous privilégiez les lectures sans prise de tête, je vous dis de but en blanc, passez votre chemin ! Car dites-vous bien une chose avant d’ouvrir ce premier tome du « Livre de toutes les heures », c’est que vous pénétrez en terrain inexploré où tout reste à appréhender et à découvrir.

  Nul doute n’est permis, « Vélum » est une lecture exigeante, ambitieuse, qui demande un degré d’attention élevé (oubliez la lecture dans les transports en commun) et qui se déguste à petites doses, en apnée. J’ai rarement lu un titre fantasy aussi riche, que ce soit sur les périodes couvertes, les types de narration, les personnages principaux et secondaires mais surtout sur l’univers multicouches. Les références mythologiques et historiques sont légion et représentent la pierre angulaire du récit. Les emprunts aux poèmes et pièces de l’Antiquité sont eux aussi très présents, tout comme l’angéologie et certaines références bibliques. Rien de très surprenant compte tenu du thème principal du roman : la bataille finale entre anges et démons.

  Car c’est bien de cela qu’il s’agit une fois dépêtré des différentes structures qui amalgament le récit, même si ça reste assez réducteur présenté de cette manière. « Vélum » aborde les thèmes de la réincarnation, de la vie et de la mort, bref du cycle même de la vie. Difficile de saisir toutes les subtilités du roman lors d’une première lecture, au début on peine même à en saisir les finalités. Pourtant, une fois posées quelques centaines de pièces de ce puzzle gigantesque, on ne peut que saluer le génie de Hal Duncan qui ne fait décidément pas les choses à moitié.

  « Vélum » est découpé en 2 volumes, eux-mêmes découpés en chapitres et sous-chapitres qui s’imbriquent les uns dans les autres et nous narrent plusieurs histoires en même temps. Ou plutôt devrais-je dire dans un autre temps, dans une autre version, parallèle à la première histoire débutée. Et ce parfois dans le même paragraphe ! Ce qui contribue fortement à la complexité du récit. Au fur et à mesure du tome, certains personnages finissent par se démarquer des autres : Phreedom, Thomas, Puck, Jack… et leurs homologues d’un autre temps : Innana, Tammuz, Anna,etc. Et à chaque fois la destinée de ces protagonistes se répète à l’infini, sans possibilité de fuite ou de changement. Car ce sont ceux qui pourront faire pencher la balance entre le bien et le mal, ceux qui encore et toujours refusent de prendre parti pour un clan ou l’autre. Et la guerre des Cieux se poursuit…

  Je pourrais continuer encore longtemps, tant il y a de choses à dire sur ce roman hyper-structuré. Mais je sens que j’ai déjà perdu la moitié des lecteurs de cette chronique par sa longueur et la complexité du roman présenté (XD). Bref, s’il faut retenir une chose, c’est que « Vélum » est un véritable OLNI dans le genre, donc un roman difficile d’accès mais qui vaut largement la persévérance. Reste que ce n’est pas évident de « résumer » ce premier tome, je dirais qu’il faut le « vivre » soi-même pour le comprendre. Dans mon cas, ce premier tome m’a à la fois confuse (au début) puis m’a ébahi. Une lecture qui marque, en bien comme en mal.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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