Bonnie Jo CAMPBELL – Il était une rivière

Il était une rivièreTitre original : Once upon a river (2011)
Paru le : 16/01/2013
Editions : JC Lattès
ISBN : 978-2-7096-3553-0
Nbr de pages : 394
Prix constaté : 22€

Résumé :
Murrayville, petite cité ouvrière du Michigan, située au bord de la rivière Stark. Margo Crane, seize ans, y a vécu toute son enfance au côté de son grand-père, qui lui a appris à tirer comme personne et à pêcher dans les eaux poissonneuses de la rivière. Lorsque son grand-père meurt, que sa mère l’abandonne, les adultes vont très vite trahir la confiance que la jeune fille, solitaire et fragile, leur avait accordée. Seule au monde, Margo s’embarque dans le bateau de son grand-père et, munie de sa carabine, de quelques provisions et de la biographie de son héroïne, Annie Oakley, « la petite femme au tir sûr », elle part à la recherche de sa mère.
Mais le paradis de son enfance est devenu un lieu dangereux et inhospitalier pour une jeune fille qui doit survivre par elle-même. Au cours de cette odyssée à travers le Michigan rural, où le contact avec la nature est parfois violent, Margo va devoir transcender de nouvelles épreuves et décider du prix à payer pour accomplir ses choix et trouver la paix intérieure.

Ce que j’en ai pensé :
Avec « Il était une rivière », je renoue avec les récits au grand souffle aventureux dont l’action se déroule aux Etats-Unis, dans une petite ville cambroussarde. Tout d’abord à travers la narration obsédante et prégnante, qui emprunte beaucoup aux codes du « nature writing ». L’atmosphère de cette petite ville au bord de l’eau, cernée par la nature est rendue avec brio et véracité. Le pouvoir d’évocation est fort et on s’immerge aisément dans l’ambiance hypnotique du roman. La voix de Margo, la narratrice malmenée par la vie et par les hommes, apporte un écho qui résonne en nous à travers ses embûches. Là où le bât blesse, c’est que l’auteur a voulu trop s’acharner sur son héroïne, qui devient un jouet sexuel pour les hommes qu’elle rencontre. Et elle en rencontre un certain nombre… Pourquoi avoir voulu forcer le trait à ce point, quitte à ce que l’on perde de vue l’essentiel ? Cette surenchère d’abus et de brutalités finit par devenir redondante et exagérée. Personnellement, je n’ai rien trouvé de sensuel là-dedans.

  C’est fort dommage, car cela gâche finalement le potentiel du roman, qui n’avait même pas besoin de ça, l’histoire première étant suffisamment étoffée et tragique. Le mépris qu’inspire Margo et son père à leur « famille » où chacun a sa place assignée fait gentiment grincer des dents, et on sent vite se profiler le drame. Le climat de qu’en-dira-ton et l’appartenance obligatoire à un clan quand l’on fait partie d’une petite ville où tout un chacun se scrute, rendent le récit oppressant. Si Margo ne finissait pas par nous insupporter à force de passivité, on pourrait mieux apprécier le beau portrait de femme qu’a essayé de nous dresser Bonnie Jo Campbell. Le portrait d’une jeune fille qui s’émancipe, qui s’affranchit de toutes ses obligations et de tous ces remparts entre elle et la nature.

Bref, un roman à ambiance, bien écrit et éprouvant mais qui lasse par son image de femme-objet aux mains des hommes.

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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