Milena Michiko FLASAR – La cravate

cravateTitre vo : Ich nannte ihn Krawatte (2012)
Paru le : 29/08/2013
Editions : De l’Olivier
ISBN : 978-2-8236-0136-7
Prix constaté : 18.50€

Résumé :
« Ne pas être un père qui dit à son fils : on doit fonctionner. » Taguchi Hiro refuse de « fonctionner », il refuse aussi de sortir de sa chambre, de se mêler aux autres, y compris les siens. Il a 20 ans, il est ce qu’on appelle au Japon un hikikomori. Telle est sa situation lorsqu’il aperçoit, dans le parc en face de chez lui, un homme qui semble passer ses journées assis sur un banc : il porte un costume, une mallette, et surtout une belle cravate, qu’il relève sur son épaule pour manger le bento, bref cet homme est un employé modèle, un salaryman…

Ce que j’en ai pensé :

« La cravate », deux petits mots, mais qui signifient beaucoup. D’abord pour le narrateur, jeune hikokomori, qui se décide enfin à faire un pas hors de sa chambre et rencontre cet homme, cet étranger, cette « cravate » anonyme, qui vient se restaurer tous les jours sur le même banc, dans le parc où il se rend. Mais aussi pour son locuteur, la fameuse « cravate » (dont on apprend tout de même le nom au cours du récit), qui le premier, décide de se livrer à lui. Le récit, qui fait la part belle aux phrases courtes, sans verbes, parait étrangement syncopé par les pensées éparses du narrateur, qui se souvient tout d’abord des choses les plus insignifiantes et les décrit avec un souci de détails inutiles (les reliefs des divers repas, le moindre froncement de sourcils, etc.). Puis, subtilement, le récit prend une tournure dramatique, les révélations des deux « étrangers » se faisant plus bouleversantes, plus intimes… Les sentiments sont décrits avec beaucoup de pudeur, à pas de chat, au fur et à mesure que les deux hommes prennent confiance. C’est comme si le narrateur, enfermé depuis si longtemps, vivait au travers de cet homme simple, jusqu’à ce qu’il se rende compte que lui aussi porte des blessures en lui. Très émouvante, cette histoire ne m’a jamais paru pesante, peut-être parce que l’on sent le subtil message d’espoir que l’auteur tente de véhiculer, malgré les thématiques graves : le suicide, l’enfermement, la perte d’un enfant, l’ijime (ce phénomène d’intimidation typiquement japonais). Bref, un roman dramatique et poignant, de deux étrangers qui, arrivés à une nouvelle étape de leur vie, décident de se (dé)livrer corps et âme, peu à peu, de déposer leur fardeau, et aller de l’avant.

Verdict : Avec les honneurs

rock

Lu dans le cadre de l’opération « On vous lit tout », organisée entre Libfly et le Furet du Nord.

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