Mark Z. DANIELEWSKI – L’épée des cinquante ans

l'épééTitre original : The fifty year sword (2005)
Paru le : 12/09/2013
Edition : Denoël
ISBN : 978-2-207-11528-2
Nbr de pages : 285
Prix constaté : 22€

Résumé :
« Une épée tuera une saison. Une épée tuera un pays. Celle que je fabrique maintenant saura même tuer une idée. »

Impressions :
Dur, dur, de vous pondre un avis argumenté pour vous présenter ce roman unique tant c’est une expérience à vivre, mais je vais faire de mon mieux. « L’épée des 50 ans » est une œuvre à part, un OLNI que vous auriez tort de rejeter parce qu’il ne ressemble pas à l’image que l’on se fait d’un roman. Danielewski nous propose belle et bien une fiction mais sa structure narrative est si singulière que l’on ne sait pas par quel bout la prendre. Comme je ne veux pas gâcher la surprise de l’histoire en elle-même, je vais m’efforcer d’aborder la narration et la construction sans trop vous en révéler, ce qui gâcherait quelque peu l’effet du roman.

  Pour chaque page de gauche nous entrainant dans le récit, la page de droite sert d’illustration, de support visuel de l’œuvre. Mais orner le récit d’un joli dessin aurait un je-ne-sais-quoi d’un peu trop commun vu la particularité du récit et Danielewski a choisi des illustrations au point de croix, cousues de fil blanc colorés. Voilà de quoi sortir des sentiers battus. Et je vous prie de croire que ces représentations font partie intégrante du récit, au même titre que la narration elle-même. « L’épée des 50 ans » est donc une œuvre graphique, marginale, à la croisée des genres. Et l’histoire, angoissante à souhait, est magnifiquement servie par ce mode de représentation (ah! les fameuses bougies !).

  Le récit n’est pas présenté de manière lambda non plus. Des guillemets de couleurs différentes introduisent un narrateur différent – un enfant – qui veut nous raconter sa version des faits à sa manière enfantine (comprenez que ces petits narrateurs se télescopent et se coupent la parole à qui mieux mieux, voire inventent des mots). Ce qui concourt à nous perdre un peu au début, la narration paraissant étrange. L’effet obtenu est bizarrement hypnotique. L’auteur joue sur les mots, sur leur musicalité, et à la lecture du récit, on se prend au jeu de laisser lesdits mots rouler sur notre langue pour mieux les savourer. L’histoire narrée ressemble à un de ces contes qui font peur, que l’on se raconte au coin du feu lors d’une veillée, mais je n’en dirais pas plus…

  Bref, une découverte à faire, histoire de sortir des carcans de la littérature habituelle. « L’épée des 50 ans » marque durablement l’esprit, que ce soit par sa présentation atypique, que par son histoire qui file la frousse. Voilà une œuvre ingénieuse que Danielewski nous pond là ! Un grand bravo à la traductrice qui a dû s’arracher les cheveux pour donner corps à la singularité de l’œuvre et des jeux de mots.

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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