Christopher BUEHLMAN – Ceux de l’autre rive

ceux-de-l-autre-riveTitre original : Those across the river (2011)
Paru le : 12/09/2013
Edition : Fleuve Noir
ISBN : 978-2-265-09704-9
Nbr de pages : 351
Prix constaté : 20.50€

Résumé :
1935. Suite à un héritage, Frank et Eudora s’installent à Whitbrow, en Géorgie, ou le grand-père de Frank possédait une plantation. Le village, entouré d’une forêt obscure, se révèle accueillant, et le couple s’intègre vite à la communauté. Pourtant, en cherchant à retracer l’histoire de son aïeul, un général de l’armée confédérée esclavagiste, Frank va réveiller des forces qui le dépassent.

Impressions :
Ambiance petit hameau américain au milieu des années 30. Notre couple protagoniste vient de s’installer dans ce trou perdu de Georgie après avoir touché en héritage une charmante bicoque. L’occasion pour monsieur de renouer avec ses ancêtres honnis, propriétaires d’esclaves mal vus de la région, et d’y trouver l’inspiration pour un livre peut-être… L’occasion pour madame de devenir professeur dans la petite école du village et pour tous les deux de laisser leur passé tourmenté derrière eux… On se doute bien que le côté idyllique ne durera pas et que les culs terreux du coin ne se montreront pas si inoffensifs que ça. Sauf que… le récit nous fait doucement glisser dans une atmosphère fantastique à laquelle on ne s’attend pas forcément et qui prend de court. Un malaise insidieux nous submerge peu à peu et la forêt revêt des allures inquiétantes. Que se cache-t-il réellement au-delà de la rivière ? Pourquoi cette coutume qui consiste à envoyer des offrandes de cochons vivants de l’autre côté de la rivière se perpétue-t-elle ? A qui peut-on se fier ?

  Vous l’aurez compris ce roman est angoissant parce qu’il sait instiller une ambiance oppressante qui va de mal en pis. Entre la restitution réaliste d’une époque raciste et hostile aux étrangers et la lente décrépitude de ses petits villages qui n’offrent aucun débouché, le décor est posé. Les habitants du patelin qui sont encore très attachés au folklore et aux superstitions anciennes peinent à prendre parti et sont décrit comme des couards et des ladres qui précipiteront la fin de leur communauté. Quand les corps commencent à tomber, la machine est déjà en marche. J’ai particulièrement apprécié la façon dont Christopher Buehlman balise son intrigue en plaçant deci delà un élément qui trouvera son explication dans le schéma final. Notamment avec l’histoire de la plantation et le lynchage des esclaves. La narration ne s’encombre pas d’allusions et l’auteur est plutôt direct dans ses descriptions.

  Un certain nombre de choses m’ont tout de même chiffonnée. Premièrement les deux personnages principaux que l’on n’arrive pas à apprécier. Même s’il faut resituer notre couple dans le contexte de l’époque, j’ai trouvé qu’Eudora, l’épouse, était très caricaturale. Limite elle ne renvoie qu’un comportement sexuel, sans subtilité. La fin du roman me conforte dans cette impression. Dommage. De même certaines réactions des habitants sont un peu étranges et Frank, l’époux, ne réagit pas à ces bizarreries. C’est notamment le cas avec le comportement de Martin, que j’aurai envoyé bouler depuis longtemps personnellement. Pas très crédible. L’arrivée du fantastique sauve heureusement les pots cassés et le suspense fait le reste. L’épilogue du récit est plutôt bien choisi. Ça m’a rappelé Le bal des vampires de Polanski.

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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