Rosa MONTERO – Des larmes sous la pluie

9782864248941FSTitre original : Lagrimas en la lluvia (2011)
Date de parution : 09/01/2013
Editions : Métailié
ISBN : 978-2-86424-894-1
Nbr de pages : 401
Prix constaté : 21€

Résumé :
Etats-Unis de la Terre, 2109.
Les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu’une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour instrumentaliser l’histoire de l’humanité. Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n’a d’alliés que marginaux ou aliens dans ce tourbillon répressif, vertige paranoïaque, qui emporte la société.

Impressions :
Ce roman de Rosa Montero m’a attiré pour deux raisons. Déjà c’est un roman de SF écrit par une auteure espagnole, ce qui permet d’explorer un peu ce vaste genre, surtout encombré par les sorties des auteurs américains ou britanniques. Deuxièmement, l’histoire des « Larmes sous la pluie » reprend le thème des réplicants et rend ainsi hommage au roman de Philip K. Dick « Blade runner » dont j’ai adoré l’adaptation cinématographique (le roman c’est pour bientôt). Au final, si le roman m’a enthousiasmé pendant sa première moitié, la suite m’a beaucoup moins emballée, ce qui fait que j’ai un avis en demi-teinte. La narration qui s’essouffle ouvertement au fur et à mesure que le roman progresse est ce qui m’a le plus gênée. Comme si l’auteur lançait son intrigue avec une idée en tête mais obliquait en cours de route pour passer à autre chose. Ce qui fait que la première partie du roman est passionnante et l’enquête menée par l’héroïne pleine de suspense, puis Rosa Montero se recentre sur les états d’âme de Bruna et l’intrigue tombe un peu à plat…

  Dommage parce que l’univers imaginé par l’auteur est vraiment intéressant et fourmille de bonnes idées. C’est un monde âpre où l’argent est roi. Au point que même l’air que vous respirez vous est facturé ! Un monde où la drogue se trouve facilement, où les androïdes sombrent dans l’alcool pour oublier leurs souvenirs fabriqués et leur « date de péremption ». Ajoutez à cela d’étranges races extraterrestres et leurs nouveaux animaux de compagnie avides de nourriture ainsi que les technologies futuristes comme les hommes-publicités et vous vous retrouvez face à un monde futuriste d’une grande richesse. On nage en pleine SF avec des créatures étranges et des inventions que l’on verrait bien révolutionner notre vie (ou pas). Rosa Montero, à travers de petits interludes façon wikipedia, nous fournit des informations sur l’histoire de cet univers. Ce qui fait qu’on appréhende assez facilement sa vision du futur, de nombreuses précisions étant données. Cette atmosphère, au-delà d’être bien rendue, apporte un hommage évident aux grands romans de SF mettant en scène des réplicants et la manipulation de psychés. L’histoire tournant autour d’un programme qui court-circuiterait le cerveau des droïdes et changerait leur comportement est un thème assez commun dans le genre. Le suspense autour des motivations du(des) suspect(s) n’en reste pas moins bien mené avec son lot de rebondissements.

  A travers ce récit de SF, Rosa Montero dresse un constat alarmant : que l’on soit humain ou robot, blanc ou noir, il y aura toujours des gens pour vous haïr parce que vous n’êtes pas comme eux. A l’aide des réplicants, l’auteur fait un parallèle entre la montée du nationalisme et les attentats qu’essuient ses personnages. Parfois seule une minuscule étincelle est nécessaire pour mettre le feu aux poudres et c’est un déchainement de violence qui attend Bruna, notre héroïne réplicante. J’ai beaucoup apprécié cette critique acerbe parce qu’elle donne à réfléchir, comme tout bon roman de SF qui se respecte. Et l’auteure aurait pu s’arrêter là, et livrer un très bon roman, haletant et pénétrant. Mais non, forcément elle s’intéresse aux états d’âme de l’héroïne, qui ne cesse de penser à l’échéance qui lui est fixé et aux hommes qu’elle rencontre. En gros, elle veut coucher avec chacun de ces hommes, alors que c’est un robot de combat par un sexbot, très logique. Entre son ancien compagnon dont elle nous parle sans arrêt, l’extraterrestre qu’elle se tape sans même s’en rappeler, son créateur qui l’attire et le flic qui la suit, la pauvrette finit vite par nous souler. Au point que l’enquête sur le commanditaire des attentats-robots finit par passer en second plan. Dommage vraiment, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour en faire un incontournable.

Verdict : Roulette russe

roulette-russe

Lecture commune avec Zina.

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2 réflexions sur “Rosa MONTERO – Des larmes sous la pluie

  1. Zina 07/06/2014 à 11:23 Reply

    Ça m’a gênée aussi cette obsession qu’elle avait pour les hommes ! Et c’est vraiment dommage que l’intrigue s’essouffle de cette manière, car il y avait matière a un excellent roman.

    • nymeria 07/06/2014 à 21:38 Reply

      J’ai pas compris pourquoi il fallait absolument qu’elle s’amourache du policier, l’histoire aurait pu s’en passer. Enfin, dommage, comme tu le dis c’était prometteur.

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