George R. R. MARTIN – Armageddon Rag

armageddon ragTitre original : The Armageddon Rag (1983)
Illustration de couverture : Sam Van Olffen
Editions : Folio SF
Date de parution : 05/05/14
ISBN : 978-2-07-045701-4
Nbr de pages : 608
Prix constaté : 9.40€

Résumé :
Jamie Lynch, l’impresario d’un des plus grands groupes de rock des années soixante, les Nazgûl, est retrouvé ligoté à son bureau et le coeur arraché. Un meurtre qui en fait remonter un autre à la surface : celui du chanteur du groupe, abattu en plein concert, en 1971. Deux crimes non élucidés distants d’une dizaine d’années. Une énigme. Parce que son quatrième roman est au point mort, parce qu’il a suivi l’affaire Charles Manson en tant que journaliste, parce qu’il est fasciné par l’histoire et la musique des Nazgûl, l’écrivain Sander Blair décide de mener sa propre enquête et d’en tirer un livre, son De sang-froid.
Mais Sander va rapidement se rendre compte que, malgré les apparences, le meurtre de Jamie Lynch n’est pas une nouvelle affaire Sharon Tate. C’est bien plus compliqué. Et bien pire.

Impressions :
Parce que George R.R. Martin, ce n’est pas que le Trône de Fer, et parce qu’il s’est essayé à différents styles avant de se lancer dans ce cycle de fantasy médiéval, j’étais curieuse de découvrir « Armageddon rag » dont j’avais entendu beaucoup de bien. Bien qu’il soit sorti chez Folio SF, le roman est plutôt un thriller, certes mâtiné de fantastique et même d’une part historique, mais il joue beaucoup sur le suspense. Enfin, c’est avant tout un hommage à un état d’esprit rock’n’roll, à une liberté de penser, de vivre et de se démarquer des codes de notre société. Bref, on y retrouve cette volonté d’indépendance qui a marqué les sixties avec ses manifs contre la guerre, ses anarchistes et ses grands concerts de rock à ciel ouvert, son peace & love… Une invitation à découvrir une époque différente, à la poursuite du meurtrier du manager d’un grand groupe de rock fictif : les Nazgûl !

  L’hommage à Tolkien est évident, il y est plusieurs fois fait mention dans le roman, tout comme on pourra retrouver des anecdotes historiques et des allusions à des groupes de rock ayant réellement existés. De quoi donner envie de se plonger dans les standards de cette époque mythique où la musique avait une incidence directe sur la société. Reflet du mal-être apporté par la guerre du Vietnam, par une jeunesse traumatisée et en quête d’identité. Le rock servait de porte-parole, d’échappatoire et les messages politiques étaient bien sûr évidents. George R.R. Martin montre un talent particulier pour nous immerger dans cette époque révolue à travers le personnage de Sandy Blair, écrivain en mal d’inspiration. On le suit dans son (en)quête sur la mort de l’imprésario des Nazgûl, qui prend très vite des allures de quête personnelle, d’introspection, oscillant toujours entre nostalgie et désillusion.

  Au beau milieu de ces réminiscences, dans cette ambiance douce-amère que l’auteur a su si bien composer, se glissent insidieusement des éléments fantastiques apportés par des expériences et des phénomènes étranges. Délires psychotiques ? Conséquence de la prise de stupéfiants ? Burnout ? On finit peu à peu par s’interroger sur des coïncidences troublantes, sur des détails scabreux. Heureusement d’ailleurs, car cette aura fantastique pointe le bout de son nez quand l’enquête commence à s’enliser et les souvenirs de Sandy à nous ennuyer (il s’agit tout de même d’un beau pavé de 600 pages). On glisse doucement vers le terrain de l’occultisme avec une fin efficace mais pas ébouriffante non plus. Il faut dire qu’au final, le fantastique revêt moins d’importance que la critique sous-jacente d’une société à bout de souffle, qui ne sait que surfer sur une nostalgie qui rapporte. Bref, c’est cynique, saisissant et résolument rock’n’roll !

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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7 réflexions sur “George R. R. MARTIN – Armageddon Rag

  1. Sita 24/07/2014 à 11:45 Reply

    Il faut définitivement que je le bouquine celui-là. Fever Dream me tente pas mal aussi. Et puis ça me motivera peut-être à mettre le nez dans A Dance with Dragons :p
    Je ne me rappelle pas les avoir vus passer sur ton blog, tu lis les Trône de Fer toi du coup ?

    • nymeria 24/08/2014 à 22:16 Reply

      J’ai préféré « Fever dream ». C’est plus digeste et plus fantastique parce que sur armageddon rag c’est assez subtil quand même. Mais pour l’instant mes incursions dans les autres romans de Martin ne m’ont pas emballé plus que ça. Comme je suis une fan de la première heure du Trône de fer, c’est dur de ne pas être déçue.
      Oui, je lis les Trône de fer ^^ J’ai commencé lors de leurs toutes premières parutions, bien avant que ça fasse le buzz et j’en parlais déjà autour de moi. Faut d’ailleurs que je m’y remette, j’ai le 2 derniers tomes à lire depuis leur sortie respective

  2. Escrocgriffe 04/08/2014 à 14:56 Reply

    Ca a l’air bien barré ! Et au niveau du style, il y a-t-il des points communs avec le Trône de Fer ?

    • nymeria 25/08/2014 à 18:30 Reply

      Je ne sais pas s’il y a un « style » Martin. Pour moi, c’est un peu comme Stephen King, un bon conteur avec un style simple pas forcément « remarquable »(je n’entends pas par-là que c’est mauvais, hein, mais ce n’est pas ce qui marque le plus chez l’auteur).

  3. Tesrathilde 23/08/2014 à 11:56 Reply

    Je n’ai pas été ferrée… J’ai trouvé ça très long, je n’arrive vraiment pas à me passionner pour ces années 60 ni même pour les livres à tendances trop sociales et réalistes ! J’ai trouvé un plutôt bon style, néanmoins, même si je l’ai lu je pense avec beaucoup trop de recul et sans arriver à me sentir impliquée dans l’histoire en rien. J’ai également trouvé le côté « thriller » beaucoup trop faible, trop dilué dans le reste.

    • nymeria 25/08/2014 à 18:36 Reply

      J’ai trouvé ça long aussi. Et pourtant, ce côté vitrine des années 60 m’a plu. Je pense que le bouquin est nettement plus un roman « à ambiance » limite historique (même si le mot est un peu fort) qu’un thriller ou un roman fantastique proprement dit. D’où la possible déception parce qu’on ne s’attend pas forcément à ça. Je te rejoins dans ses faiblesses, même s’il m’a quand même plu au final 🙂

  4. […] d’ailleurs :  Avides Lectures, La tête dans les […]

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