Etienne GUEREAU – Le Clan suspendu

le clan suspenduDate de parution : 21/08/2014
Editions : Denöel
ISBN : 978-2-207-11810-8
Nbr de pages : 446
Prix constaté : 20€

Résumé :
Un clan haut perché dans les bois. Un ennemi étrange. Seule une jeune fille osera désobéir afin d’échapper à son destin. Ismène vit parmi les siens, dans un village accroché à dix mètres de hauteur. Tous pratiquent des rites immuables et répètent inlassablement Antigone, la tragédie qu’il leur faut connaître sur le bout des doigts. Descendre leur est interdit, car en bas une créature sanguinaire massacre ceux qui s’aventurent sur son territoire… Quand le jeune Hémon décide de contester l’ordre établi, tout bascule. Pour fuir cet univers oppressant et comprendre le sens profond de la tradition qui leur a été inculquée, Ismène va devoir percer le secret qui menace son clan.

Impressions :
Atypique mais pourtant classique, voilà comment on pourrait qualifier le premier roman d’Etienne Guéreau. Si le roman emprunte à la tragédie de Sophocle pour nommer ses personnages et leur glisser des règles de vie, l’histoire de ce clan suspendu n’a finalement pas grand-chose à voir avec Antigone (ne fuyez donc pas, vous qui n’appréciez pas le théâtre classique !). Les références se trouveront plutôt du côté cinématographique, avec le film « Le village » de Night Shyamalan notamment. L’histoire d’un petit groupe d’êtres humains qui s’est retranché dans la forêt et a effectué un retour à la nature, avec comme garde-fou un monstre sanguinaire qui viendrait attaquer tout habitant assez fou pour vouloir s’aventurer hors du village… Ça vous dit quelque chose ?

  Si le roman est de facture classique et que les évènements suivent une logique entendue, j’avoue avoir été bluffée par la construction du récit et par l’aisance d’Etienne Guéreau à mener son intrigue. Les chapitres sont courts, concis, la plume dynamique. On entre de plain-pied dans ce petit clan retranché au beau milieu des arbres et on se passionne vite par leur façon de vivre. Malgré les noms pompeux de ses personnages (Ismène, Hémon, Polynice,etc.) et les étranges coutumes auxquelles ils se livrent (l’occulte salut Letwyn Tahouer), l’histoire reste très accessible et brasse de nombreux sujets. Entre les dérives possibles d’une utopie basée sur le mensonge, les dangers d’une tradition incomprise et le péril que représente une éducation imparfaite, il y a largement de quoi faire réfléchir le lecteur.

  « Le clan suspendu » est un roman oppressant et prenant qui se lit d’une traite. Cette espèce de huis-clos qui s’installe et qui nous place dans le rôle de la jeune héroïne tragique qu’est Ismène n’est pas de tout repos. Si sa jeunesse choque face à la façon dont elle est perçue par certains hommes (n’oublions pas qu’elle n’a que douze ans), force est de constater qu’elle est le seul personnage du roman à se montrer réfléchi, la seule qui n’hésitera pas à confronter son monde face aux aberrations qu’elle découvre. Les personnages secondaires, adultes comme enfants, m’ont tous semblé détestables. Des adultes laxistes qui préfèrent fermer les yeux plutôt que se prendre en main et des enfants qui se laissent manipuler par les délires d’un ado en mal d’attention. Attention, « sa majesté des mouches » n’est pas loin. Si la trame suit une certaine linéarité et que la fin ne nous étonne pas plus que ça, l’auteur mène bien sa barque et lève le voile sur toutes les petites bizarreries rencontrées. Bref, un roman étrange et efficace et un premier roman réussi pour Etienne Guéreau.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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8 réflexions sur “Etienne GUEREAU – Le Clan suspendu

  1. stelphique 16/09/2014 à 08:30 Reply

    celui ci faut vraiment que je le lise!!!!!;)
    Il me tente trop, je vois trop de bonnes critiques….

    • nymeria 16/09/2014 à 14:18 Reply

      Je ne peux que te le conseiller. C’est prenant et flippant à la fois. Même si comme je le souligne, il y a un petit air de déjà-vu 🙂

  2. Lodetti Laury 16/09/2014 à 15:09 Reply

    Je n’ai lu que de bonnes critiques et ta chronique vient confirmer le fait que c’est un livre à lire absolument!

    • nymeria 16/09/2014 à 19:43 Reply

      C’est vrai que les avis sont plutôt favorables. 🙂 Je ne dirai pas que c’est LE livre de la rentrée à lire absolument (en même temps, je n’ai pas lu grand chose de la rentrée littéraire :P), c’est très sympa.

  3. Lelf 19/09/2014 à 09:30 Reply

    Cool ! Je l’ai coché hier en masse critique, mais je l’ai repéré depuis un moment. Ça m’intrigue toujours quand la blanche publie des trucs à peu près imaginaires. Par contre mes respects pour toutes les références que tu cites au début de ta chronique, je n’y connais rien xD (enfin à part les noms).

    • nymeria 21/09/2014 à 22:21 Reply

      Ah! Je croise les doigts pour toi alors. Je ne coche plus rien à la masse critique parce que je ne suis jamais prise, alors j’ai préféré laisser tomber ^^’ Moi aussi ça m’intrigue les romans borderline imaginaire. On trouve souvent des trucs intéressants.
      Arf! Je n’ai pas de mérite pour les références. Pour Antigone, ce sont de vieux restes de cours de lettres et le Shyamalan m’avait marqué (même si je n’avais pas aimé la fin).

  4. totorotsukino 21/02/2016 à 03:45 Reply

    j’ai vraiment aimé ce roman 🙂

    • nymeria 21/02/2016 à 14:25 Reply

      Un roman marquant je trouve !

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