Guy Gavriel KAY – Les Chevaux célestes

les chevaux célestesTitre original : Under Heaven (2010)
Traduit par Mikael Cabon
Date de parution : 19/06/2014
Editions : L’Atalante
Collection : Dentelle du cygne
ISBN : 978-2-84172-675-2
Nbr de pages : 649
Prix constaté : 27€

Résumé :
Pendant deux ans, au cœur des montagnes entourant le lac Kuala Nor, loin à l’ouest de la cité impériale, et même au-delà des frontières de l’empire de la Kitai, le jeune Shen Tai, seul au fond d’une cabane isolée, a écouté, dans l’air dur et froid des nuits de lune et des nuits noires, les voix des fantômes des soldats morts pendant la violente bataille qui s’est déroulée à cet endroit. Afin d’honorer la mémoire de son père, le général Shen Gao, qui était à la tête des soldats de l’empire, c’est en ces lieux maudits qu’il s’est voué corps et âme à la pénible tâche d’enterrer les os de tous les combattants.
Alors que Tai prépare son retour vers la cité impériale et la cour, tout aussi dangereuse que magnifique, de Taizu, l’Empereur de la Kitai, un émissaire de l’empire Tagur, la nation rivale, lui apporte une nouvelle surprenante : Chen-Wan, l’une des épouses de Sangrama le Lion, empereur du Tagur, lui a offert, pour le remercier de sa tâche, un présent. Or, celui-ci est d’une telle ampleur qu’il peut changer le visage même de l’empire de la Kitai… ou mener Tai à une mort certaine.

Impressions :
« Les chevaux célestes » est ma première incursion dans l’univers de Guy Gavriel Kay et je dois dire que je n’ai pas été déçue après tous les retours positifs que j’ai eu sur l’auteur. Si ce beau pavé m’a attiré en priorité, c’est parce qu’il se passait dans la Chine antique et que je suis fan d’Asie et de tout le décorum qui avait cours à l’époque. Comme j’apprécie les histoires de cape et d’épées et de destinée impromptue, « les chevaux célestes » ne pouvait que me plaire.

  Ce qui m’a le plus emballée est le cadre que nous présente Guy Gavriel Kay. Deux aspects sont représentés dans le récit, qui se confrontent continuellement. D’un côté nous avons les grands espaces sauvages, la puissance qui se dégage de la nature à l’état brut, de sa faune, le mysticisme qui imprègne cet environnement inhospitalier. Puis de l’autre c’est la beauté et la richesse des palais qui nous apparait dans toutes leurs splendeurs. La délicatesse des atours, l’envoûtement d’une danse, l’évocation d’un poème ou la douce mélancolie d’un instrument de musique. Cette ambivalence prend forme dans le personnage de Shen Tai, qui malgré le fait qu’il se soit retranché au milieu de nulle part pour enterrer les morts d’un champ de bataille, possède un sens moral et une ruse telle, qu’elle lui permettra de se faire une place à la cour impériale.

  Si les décors sont somptueux et les descriptions à couper le souffle, la multitude de détails et les explications qui nous permettent de resituer l’époque finissent par nous lasser, Kay finissant par se répéter parfois inutilement. Je regrette que l’auteur n’ait pas été un peu plus à l’essentiel vers les 2/3 de son récit. L’intrigue se délayant et l’intérêt du lecteur s’émoussant quelque peu. Dommage, car le sujet et la structure du récit étaient par ailleurs captivant. Et la destinée des personnages finit vraiment par nous importer.

  Bien que ce soit l’histoire d’un homme qui se retrouve aux prises avec des jeux de pouvoir un peu par hasard, l’auteur ne se contente de choisir un héros transparent et de peu d’intérêt. Au contraire. Au fur et à mesure du récit, on apprend à connaitre Shen Tai, à l’apprécier et à l’accompagner vers sa destinée exceptionnelle. A travers les yeux de sa sœur, à travers ses propres souvenirs d’enfance et de soldat, et par la façon dont il traite les gens autour de lui, Shen Tai se révèle bien plus complexe qu’on ne pourrait le croire (on qu’il voudrait nous le faire croire). Le récit de l’épisode qui lui a fait renoncer à sa vie de soldat et de dignitaire est tout bonnement horrible et on comprend les blessures qu’il traine depuis ce temps-là. Un personnage noble et modeste qu’on ne peut qu’apprécier.

  Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Du petit rôle de simple soldat qui trouve son bonheur à s’occuper d’un de ces fameux chevaux célestes, à la jeune fille dont on se sert comme d’une monnaie d’échange et qui se rebelle, en passant par un vieux poète ou un homme-loup qui a un pied dans l’autre-monde, chacun aura une tâche à accomplir dans cette fresque aux dimensions remarquables. Si la sauvagerie, la jalousie et la cruauté ne sont jamais loin, il en est de même de l’élégance, de la poésie et de l’abnégation. Un roman d’une puissance visuelle impressionnante, qui rappelle le meilleur des films de Wuxia. Si Shen Tai ne représente qu’une pièce de l’échiquier qui figure les forces en place, il pourrait bien faire mat. Oserez-vous suivre cette partie ?

Verdict : Avec les honneurs

rock

ggk

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8 réflexions sur “Guy Gavriel KAY – Les Chevaux célestes

  1. BlackWolf 29/10/2014 à 19:31 Reply

    Celui-là il m’attends dans ma PAL et il me fait bien envie malgré finalement ta chronique qui laisse entrevoir quelques défauts.

    • nymeria 31/10/2014 à 18:36 Reply

      La longueur est le gros défaut. Parce que du coup, forcément il y a quelques répétitions. Dommage parce que les descriptions ne sont pas chiantes, au contraire c’est beau et intéressant d’en apprendre plus sur certains us et coutumes. Mais j’avoue qu’au final j’ai été émerveillée 🙂

  2. Merkillia 29/10/2014 à 22:31 Reply

    Idem que Black, il est dans ma PAL ! Je ne connais pas trop l’Asie pour ma part, donc j’espère que je saurai apprécié ce livre quand même ! Mais bon, c’est un GGK, donc ça m’inquiète plus ou moins. 😛

    • nymeria 31/10/2014 à 18:39 Reply

      Pas grave si tu connais pas, tu seras d’autant plus dépaysée ! Je viens de penser à un truc. Je crois que je vais ajouter ce bouquin au challenge, ce qui me permettra de changer de niveau. 😀 Je t’envoie un message sur le blog.

  3. […] Les Chevaux Célestes (joker) […]

  4. Merkillia 02/11/2014 à 17:40 Reply

    Hop, participation enregistrée pour le challenge ! 😉

  5. […] aussi les avis de Sandrine, Apophis, Nymeria, Boudicca, Acr0, Ys […]

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