Rupert THOMSON – Noces de cire

noces de cireTitre original : Secrecy (2013)
Traduit par : Sophie Aslanides
Paru le : 09/10/2014
Editions : Denoël
Collection : & d’ailleurs
ISBn : 978-2-207-11698-2
Nbr de pages : 391
Prix constaté : 22.50€

Résumé :
Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu’elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l’austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d’une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers. La torture et les exécutions vont bon train, et, lorsqu’on trouve le cadavre d’une jeune femme sur les bords de l’Arno, le sculpteur commence à croire que le vice prend sa source à la cour des Médicis. Tout en poursuivant sa création, essayant d’insuffler la vie à sa Vénus de cire, il se demande si cette femme parfaite va le mener à son salut ou à sa perte.

Impressions :
Avec « Noces de cire », Rupert Thomson signe un récit multiforme qui mêle Histoire, romance et secrets de famille habilement. Bien que le roman s’ancre dans une époque réaliste avec l’apparition de personnages historiques, l’histoire est romancée et ne cherche pas à tout prix à coller à une vérité historique. On aurait donc tort de le classer dans le genre Historique car l’époque sert surtout à installer une ambiance particulière. Imaginez Florence à la fin du 17ème avec ses bâtiments majestueux, sa noblesse et ses intrigues, ses marchés et sa profusion d’odeurs et de couleurs et surtout ses lois cruelles où la torture est toujours de mise.

  La représentation de cette époque florentine est extrêmement bien rendue, on se retrouve vite pris par les balades de Zummo qui passe d’un quartier à un autre et côtoie les nantis comme les plus pauvres. Son art qui allie le glauque à la beauté horrifie comme il fascine. Que ce soit par le maniement de la cire, l’application de nouvelles techniques ou son usage quelque peu morbide du corps humain, Zummo est un artiste inspiré qui ne laisse pas indifférent. La passion qui le lie à Faustina et son passé trouble achève de nous le rendre attachant. La narration à la première personne du singulier permet une proximité avec l’artiste qui fait de nous son confident, son confesseur en quelque sorte.

  C’est donc avec un certain naturel que le narrateur se décharge de son passé. Mais toujours à demi-mots, comme si la pudeur l’empêchait de se livrer totalement ou comme si la vérité était trop douloureuse à exposer. J’ai beaucoup apprécié cette manière qu’a Rupert Thomson de suggérer plus qu’il ne dit, comme si c’était au lecteur de faire l’autre moitié du chemin. On pourrait croire qu’il nous laisse délibérément dans le vague mais c’est pour mieux nous laisser interpréter les rumeurs à notre manière. A nous de faire la part entre rêve et réalité. Voilà un procédé ingénieux.

  Les personnages secondaires ne jouent pas de simples rôles de figurants. Autour de Zummo gravite les profiteurs, les amis comme les jaloux avec qui il devra redoubler de prudence. La cour de Florence est un endroit dangereux pour un artiste indépendant qui se moque des allégeances. L’histoire personnelle de Zummo est émouvante. Sa rencontre prédestinée avec Faustina et le dénouement – inévitable – du récit sont rondement menés. Dommage que la narration se perde un peu entre passé et présent au tout début du récit, on peut vite perdre le fil. Un beau roman, au style agréable.

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

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