S.G. BROWNE – Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour

andy 1Illustration de couverture : Johann Bodin
Titre original : Breathers. A zombie’s lament (2009)
Traduit par : Laura Derajnski
Paru le : 28/08/2014
Editions : Folio SF
ISBN : 978-2-07-045525-6
Nbr de pages : 389
Prix constaté : 8.00€

Résumé :
«Il n’est jamais agréable de se réveiller sur le sol de la cuisine, baignant dans une mare de glace à la fraise fondue et entouré de plusieurs bouteilles de vin. vides, évidemment. Le trou noir dans mes souvenirs n’est pas, non plus, quelque chose de très réjouissant. Qu’ai-je bien pu faire pour en arriver là ? Et pourquoi ai-je vidé le congélateur de son contenu ? Le mieux est encore d’aller voir par moi-même.
Après vérification, c’est finalement assez logique : pour y ranger les corps de mes parents. Bien. Il va falloir que je me remémore deux ou trois choses, mais par où commencer ? Peut-être par la façon dont je suis devenu un zombie ?» Avec ce roman drôle et provocant, S. G. Browne revisite de manière originale un des mythes modernes les plus forts en nous présentant le point de vue d’un zombie. Non sans y ajouter beaucoup d’humour et un zeste d’amour.
Rire et horreur assurés !

Impressions :
Comment ne pas être intriguée par ce roman avec un titre pareil ? Titre qui interpelle et que l’on doit à la traduction française, le titre original étant beaucoup moins truculent. Forcément un récit apocalyptique qui mélange zombies et humour, ça a de quoi (d)étonner. Le roman de SG Browne mise tout sur son humour noir et son univers décapant qui, plutôt que nous horrifier par une avalanche de gore, se paie le luxe de nous filer des frissons par de petites phrases assassines diablement bien mises en valeur. J’ai beaucoup ri (sous cape) voire ricaner plus d’une fois en me disant « ah ouais quand même ! ».

  Il faut dire que l’auteure n’y va pas avec le dos de la cuillère. Sous couvert de laisser s’exprimer Andy, notre zombie principal, il se permet de passer au vitriol le genre humain et de faire des constations horrifiantes. SI SG Browne a beaucoup d’humour, c’est aussi un très bon conteur qui manie les mots comme des lances flammes, brûlant et torchant bon nombres de ses contemporains au passage. Une écriture aux petits oignons, ciselée et décapante, qui fait bien souvent mouche et dont on devient vite admiratif. Quel plaisir de traquer les jeux de mots et les expressions détournées !

  En sus de ce texte corrosif et déjanté, l’auteur a fait un vrai travail de fond sur « la vie » des zombies, à savoir la décomposition humaine et tout ce qui touche à l’utilisation des corps par la science et les mille et une façons de mourir. Un beau travail de recherche associé à une imagination fertile fait de ce roman une lecture prenante et intense, qui marque longtemps l’esprit. La question du devenir des zombies (où les placer ? comment leur trouver une place dans la société, etc.) et l’aspect plus pratique des choses (la conservation de son corps pourrissant, l’alimentation, etc.), chaque thème est passé au crible et donne lieu à des interrogations et/ou à des passages cocasses.

  Côté personnage, comment ne pas se prendre d’attachement face à Andy, notre narrateur revenu à la vie qui bataille pour trouver sa place ? Malgré sa situation difficile, il ne se cache pas et essaie de faire changer les choses à sa manière. Ses confrontations avec son père, sa relation naissante avec Rita, ses inquiétudes pour sa fille, etc. Bien que mort, Andy non apparait comme très humain au final. Que ce soit en revendiquant son droit à la vie (euh non-vie ?) ou juste à son droit de continuer à éprouver des sentiments, j’ai trouvé son ton très juste. Son humour pince-sans-rire voire carrément noir m’a beaucoup plu également. Bref, un must-read dans la littérature zombiesque pour son originalité !

Verdict : Avec les honneurs

rock

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12 réflexions sur “S.G. BROWNE – Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour

  1. latetedansleslivres 04/01/2015 à 16:37 Reply

    J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman original!

    • nymeria 10/01/2015 à 17:20 Reply

      C’est vrai que ça change du roman de zombies typique. J’ai la « suite » des aventures d’Andy qui m’attendent même si apparemment c’est moins bon…

      • latetedansleslivres 11/01/2015 à 11:17

        Oui, c’est ce que j’ai entendu dire sur la suite, donc pour l’instant, ce n’est pas prévu que je la lise!

  2. Tesrathilde 04/01/2015 à 17:22 Reply

    Bon. Je vais me sentir obligé de le lire si je tombe dessus, celui-ci. ^^

    • nymeria 10/01/2015 à 17:21 Reply

      Je pense que tu ne seras pas déçue. Surtout si tu apprécies les romans décalés !

  3. Carnet Parisien 04/01/2015 à 23:11 Reply

    Je l’ai vu passer sur la blogosphère mais il ne me tente pas plus que ça…

    • nymeria 10/01/2015 à 17:24 Reply

      Si ça ne te dit rien, ne te force pas. Il vaut mieux suivre ses envies ! 😀

  4. Escrocgriffe 09/01/2015 à 13:38 Reply

    On en parle beaucoup, il faut vraiment que je le lise à l’occasion 😉

    • nymeria 10/01/2015 à 17:35 Reply

      C’est vrai que la sortie poche a relancé l’intérêt 🙂 Si tu as l’occasion de le lire, n’hésite pas.

  5. Dareel 25/01/2015 à 19:14 Reply

    Gros coup de coeur pour ce roman, la suite m’attend également, vous me faites peur du coup j’veux pas être déçue…

    • nymeria 12/02/2015 à 21:26 Reply

      Pour relativiser, les retours sur le 2nd sont loin d’être catastrophiques quand même ! Un petit coup de mou en somme. On verra bien ^^

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