Claire FULLER – Les jours infinis

les jours infinisTitre original : Our endless numbered days (2015)
Traduit par : Mathilde Bach
Date de parution : 29/04/2015
Editions : Stock
Collection : La Cosmpolite
ISBN : 2234077567
Nbr de pages : 325
Prix constaté : 20€

Résumé :
Il n’a pas l’air d’un menteur », pense Peggy Hillcoat en regardant la photo de son père. Elle a été prise l’été de ses huit ans. Il avait transformé la cave en abri antiatomique et discutait de fin du monde avec ses amis survivalistes. Sa mère retenue au loin, ils s’étaient amusés à camper dans le jardin, avant qu’il ne l’emmène en voyage dans une forêt lointaine. Les vacances se muent en perpétuité quand il lui annonce que le reste du monde a disparu.
La vie de Peggy sera désormais réduite à un piano bricolé qui joue de la musique dans sa tête, à la forêt immense et à une hutte en bois. En 1985, Peggy est de retour à la maison, après neuf ans d’absence. Comment a-t-elle survécu mais surtout comment est-elle revenue ?

Impressions :
« Les jours infinis », c’est le récit inquiétant d’une gamine privée de tout, sous le coup d’une lubie de son père qui décide un jour de l’emmener vivre dans la forêt. Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce père pour qu’il arrache ainsi sa fille à son environnement, à sa mère (qu’il dit morte), à la civilisation même ? La vérité, occultée pendant la majeure partie du récit, nous percute comme un boulet de canon dans la dernière ligne droite. L’horreur se cache parfois dans les non-dits…

  Sous fond de psychose survivaliste, ce roman joue avec les nerfs du lecteur, le poussant dans une direction pour mieux le fourvoyer par la suite. La grande force de la narration se trouve dans les nombreux allers-retours entre passé et présent, avec une grande zone d’ombre sur les neuf années que Peggy a passé en forêt avec son père. De retour chez elle, auprès de sa mère et d’un frère qu’elle découvre, elle peine à reprendre le cours d’une vie normale. Ces courts chapitres, qui nous permettent de nous rendre compte à quel point Peggy est isolée de tout, m’ont vraiment bouleversé.

  L’auteure aborde la psyché brisée de l’héroïne avec beaucoup de tact. Que ce soit la condition physique de Peggy ou son sentiment d’être bousculée par l’existence, Claire Fuller n’oublie aucun aspect. Les passages qui reviennent sur le quotidien vécu par l’héroïne avec son père en forêt sont délibérément lents. Les jours passent, avec toujours les même gestes, les même préoccupations, le même ennui. Et les jours semblent bien infinis comme le titre nous le suggère. Puis une nouvelle tocade, une nouvelle colère du père survient et l’auteure nous ferre. Malgré un récit assez contemplatif par moments, la tension est bien présente, angoissante au fur et à mesure que les silences se révèlent d’eux-mêmes. La fin est effroyable et nous prend par surprise. Encore une superbe découverte par La Cosmopolite des éditions Stock.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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