Archives de Tag: Akata

Reiko MOMOCHI – Double Je, tome 5

double je 5Complet en 5 tomes
Titre original : Inochi, book 5 (2010)
Traduit par Chiharu Chûjo
Date de parution : 12 Novembre 2015
Editions : Akata
ISBN : 978-2-36-974082-7
Nbr de pages : 158
Prix constaté : 6.95€

Résumé :
Après plusieurs années de souffrances, Nobara est enfin sur le point d’obtenir sa vengeance. Tout est en place pour que son plan s’exécute et qu’enfin, elle obtienne justice et réparation. Et pour cela, elle est prête à tout, y compris à commettre l’irréparable. Mais au moment fatidique, sera-t-elle vraiment capable de laisser exploser son courroux ?

Impressions :
Clap de fin pour ce shôjo aux allures de thriller qui aura su me tenir en haleine tout au long de ses cinq tomes. Un final qui m’a plu parce qu’il évite l’écueil du parfait happy-end et qu’il montre que tout ne se passe pas forcément comme on le voudrait dans la vie. Pour autant, la boucle est bouclée et Reiko Momochi nous propose une vraie fin avec un flash-forward cinq ans plus tard pour nous montrer la lente reconstruction des personnages. Ma hantise était que ça se finisse en triomphe téléphoné, et heureusement ce ne fut pas le cas !

  Si nous avions tout découvert sur les raisons qui avaient poussé le meurtrier de Kotori à s’en prendre à elle, restait à dévoiler si celui-ci allait payer et si Nobara aurait sa vengeance. Les coups de théâtre s’enchainent jusqu’au verdict final, preuve que la mangaka avait planifié ce drame dans les moindres détails. Le dénouement est efficace, loin de la surenchère que l’on aurait pu présager au vu du genre du manga. Cela prouve, s’il en est encore besoin, qu’on peut faire un shôjo sans romance au premier plan…

  Nobara est une héroïne moderne, avec son lot de problèmes familiaux (plus nombreux que la moyenne bien sûr), mais qui sait garder la tête froide quand il le faut. J’ai aimé la façon dont elle prend son destin en mains, sans se reposer sur les autres, même à la toute fin alors que Yûwa lui en offre l’opportunité. Malgré des moments de doute et de désespoir, elle garde toujours à l’esprit sa sœur décédée et ne renonce jamais. C’est un personnage fort, loin des rôles de boulet dans lequel on cantonnait certaines héroïnes shôjos, fut un temps. (Bon OK, ça arrive encore maintenant). Mais je trouve qu’il y a une vraie évolution dans le genre, qui se diversifie pas mal ces derniers temps. Akata l’a bien compris avec la publication de « Double Je » ou encore « d’Orange ».

  Bref, je ne peux que vous conseiller ce manga complet en cinq tomes. Riche en émotions, fleurant avec le polar et le drame social, « Double Je » saura plaire aux amatrices de shôjo qui veulent plus qu’une simple romance pour toute intrigue.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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Eiji OTSUKA & Seira NISHIKAWA – Mishima Boys, coup d’état, tome 1

mishima boys 1Titre original : Unlucky Young Men Coup d’État, book 1 (2015)
Date de parution : 28/01/2016
Editions : Akata
ISBN : 2369740973
Prix constaté : 16.50€

Un extrait ici !

Résumé :
K., M., Y. … Trois lettres, pour trois garçons.
Qui sont-ils ? Quels projets fomentent-ils ? Et surtout, quel étrange lien les relie à Yukio Mishima, écrivain nationaliste mondialement connu ayant vécu au tournant d’une époque dramatique du pays en prônant un retour aux valeurs traditionnelles du Japon ? Dans un après-guerre tourmenté, alors que le Japon s’ouvre trop vite au capitalisme et à l’Occident, voici un portrait complexe et désabusé de jeunes gens égarés dans une société en perdition…

Impressions :
Ce premier tome du dyptique de « Mishima Boys » est plutôt singulier dans le genre. Bien que largement classé dans le seinen, ce manga n’a rien à voir avec la production habituelle. Pour commencer, l’histoire s’inspire de faits réels et se propose de revisiter un Japon d’après-guerre fortement chamboulé par tous les changements survenus, plus particulièrement chez la classe estudiantine. Un souffle de révolte et de transgression se fait alors sentir et trois cas particulièrement choquants bouleverseront le pays tout entier.

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  En partie historique et foncièrement social, Mishima Boys est surtout un manga transgenre, une expérience réalisée par l’esprit un tantinet tordu d’Eiji Otsuka (à qui l’on doit le génialissime MPD Psycho et d’autres sanglantes joyeusetés) et saisie par le trait de Seira Nishikawa, une nouvelle dans le genre (chose que l’on ne remarque absolument pas tant le dessin est maitrisé et frôle la perfection). Comme il nous est confié en début de volume, ce manga regroupe trois événements clés qui montrent l’état d’esprit d’une époque et d’une jeunesse en proie au malaise et en perte d’identité. Les trois récits s’imbriquent les uns dans les autres pour mieux nous perdre, et c’est voulu. A nous de poser des questions et d’essayer de restituer qui a fait quoi…

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  Confus de prime abord, ce premier tome de Mishima Boys nécessite plusieurs relectures pour saisir pleinement tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Le manga est construit selon différents codes empruntés pour certains au cinéma, pour d’autres au théâtre nô, ce qui donne un aspect « présentation » avec son narrateur présent physiquement dans chaque scène révélatrice pour mieux accompagner les personnages. Pour le lecteur, ce procédé parait flou, voire hasardeux, surtout que l’on ne connait rien des affaires qui nous sont présentées. Pour autant, une fois que l’on se laisse emporter par la brillante construction d’Eiji Otsuka, on ne peut que s’incliner devant tant d’inventivité et d’audace.

  Graphiquement parlant, c’est magnifique. L’édition est de grande qualité. Couverture cartonnée, papier glacé, contrastes très marqués qui font honneur au style très réaliste de Seira Nishikawa. La mise en page navigue entre flous, zooms et plans larges, le tout oscillant entre voyeurisme et dynamisme. La folie et l’ennui transpirent des pages, avec ses regards perdus dans le vague et ses visages vides ou grotesques qui déshumanisent l’entourage des personnages principaux. L’intrigue (principalement celle de l’étudiant coréen) est révoltante et montre bien l’état d’esprit des jeunes d’alors. Perdus, en colère, désœuvrés… Un manga à lire sur plusieurs niveaux.

Verdict : Avec les honneurs

rock

Shûzô OSHIMI – Dans l’intimité de Marie, tome 3

dans-intimite-marie-3-mangaTitre original : Boku wa Mari no Naka, book 3 (2014)
Date de sortie : 20/08/2015
Editions : Akata
Collection : L
ISBN : 2369740701
Nbr de pages : 184
Prix constaté : 7.95€

Résumé :
Quel est cet étrange mal de ventre qui torture tout d’un coup Isao ? Peu au fait de certaines réalités féminines, le jeune homme – toujours enfermé dans le corps de la belle Marie – va devoir improviser et faire face, à nouveau, au regard trop insistant de certains hommes. Pour ne rien arranger, son comportement lors de la dernière soirée karaoké va avoir des conséquences pour le moins… inattendues !

Impressions :
Un troisième tome qui m’a vraiment emballée ! Le mangaka aborde le thème délicat des problèmes féminins (oui, vous avez bien compris, le fameux rendez-vous mensuel auquel nous ne pouvons pas couper mesdames) avec beaucoup de pudeur. Là où il aurait pu se casser les dents, il assure avec brio et prouve que son manga ne cherche pas à faire dans le graveleux. Ca me semble même logique d’aborder cet aspect de la vie d’une jeune femme, parce que c’est impactant dans son quotidien et que l’auteur cherche à montrer la vie sociale d’une jeune lycéenne de nos jours.

  En dehors de cet épisode fort bien traité, Shûzô Oshimi aborde également le délicat équilibre qui régit les relations entre adolescents, prêts à écarter un de leur camarade dès lors que son comportement ne va pas dans le sens de « la meute ». Marie-Isao en fait les frais après son lâcher prise de la dernière fois et les conséquences pourraient bien le mener au bord de l’implosion. La manière dont le mangaka dépeint l’état d’esprit d’Isao fait l’effet d’un mini-séisme. Il y a une rupture très forte qui s’est produit entre les débuts d’Isao dans le corps de Marie (balbutiant, embarrassé par son nouveau corps) et sa prise de conscience de l’importance de l’intégrité de la jeune fille. On le sent tourmenté par toutes ces révélations, déstabilisé par la façon dont on perçoit Marie par sa faute.

  Tout en émotions, ce troisième tome montre un revirement dans l’état d’esprit d’Isao, prêt à faire face à ce qu’il est devenu, prêt à accepter de se confronter à sa réalité, pour Marie. Les expressions des personnages sont extrêmement bien rendues, tout comme le déroulement d’une action qui a ses conséquences (cf. le baiser). Le visage de Marie-Isao à ce moment-là vaut son pesant de cacahuètes et sa réaction m’a paru très saine. Après tout ce n’est qu’un corps d’emprunt, qu’il se doit de préserver. La fin du tome qui nous offre une confrontation Marie/Isao donne une furieuse envie de se jeter sur la suite. Un manga qui ne cesse de me surprendre !

Verdict : Avec les honneurs

rock

Shûzô OSHIMI – Dans l’intimité de Marie, tome 2

dans-intimite-marie-2Titre original : Boku wa Mari no Naka, book 2 (2012)
Editions : Akata
Collection : M
Date de sortie : 11/06/2015
ISBN : 2369740655
Nbr de pages : 191
Prix constaté : 7.95€

Résumé :
Le nouvel enfer quotidien d’Isao, enfermé dans le corps de la belle Marie, continue ! Car entre les potins dans les vestiaires, les sorties karaoké et les garçons qui lui tournent autour, il aura bien du mal à se concentrer sur son principal objectif : retrouver l’esprit de Marie ! Heureusement, il pourra désormais compter sur l’aide de Yôri, la lycéenne studieuse qui semble en savoir plus qu’elle n’en dit. Leur enquête les amènera dans des lieux surprenants, y compris les rayons pornos des librairies mangas d’occasion…

Impressions :
Dans ce second tome que j’ai enchainé à la suite du premier, nous continuons notre petit tour d’horizon du quotidien de Marie. Avec un Isao toujours pas à l’aise dans le corps de la jeune lycéenne, celle-ci se faisant courtiser et solliciter bien souvent par ses camarades. En annexe, Isao-Marie poursuit ses recherches sur la véritable Marie, en compagnie de Yori, une camarade bien mystérieuse. Et l’énigme entourant la disparition de l’esprit de Marie s’épaissit. Et si finalement, elle avait un lien, même infime, avec Isao ?

  Encore une fois, le côté glauque et voyeur de la personnalité d’Isao entre en collision avec la naïveté de la lycéenne. Mais étrangement, nous découvrons que Marie n’est peut –être pas l’être pur qu’Isao s’imaginait. Ces mini-révélations, dispensées au compte-goutte, permettent à l’intrigue de se complexifier. Shûzô Oshimi ne tombe décidément pas dans le piège du fan service (mis à part quelques scènes de-ci-de-là) et nous offre une intrigue plus riche qu’il n’y parait. Au premier coup d’œil, on pourrait croire à un banal manga ecchi-esque mais les scènes triviales entre lycéens (séances de karaoké, sorties entre amies) ne sont là que pour renforcer le clivage entre un Isao au ban de la société et une Marie, coqueluche de ses camarades de classe.

  On sent que le côté maladroit d’Isao, qui n’a pas l’habitude d’être sur le devant de la scène, voire qui ne sait plus comment nouer une relation amicale, risque de venir jouer les trouble-fêtes. On ne peut que se figurer que l’écart de personnalité entre la vraie Marie et Marie-Isao finira par se remarquer et fera des étincelles. De très jolies planches, encore une fois, avec une Marie rougissante à souhait et un Isao dans ses petits souliers. Certes nous avons droit à quelques scènes en sous-vêtements, mais il est agréable de constater que le mangaka propose des corps normalement proportionnés, sans exagération, ce qui est un bon point. Affaire à suivre…

Verdict : Bonne pioche

bonne-pioche

Shûzô OSHIMI – Dans l’intimité de Marie, tome 1

dans-intimite-marie-1Titre original : Boku wa Mari no Naka, book 1 (2012)
Traduit par Ryoko Sekiguchi
Date de parution : 23/04/2015
Editons : Akata
Collection : L
ISBN : 978-2369740575
Nbr de pages : 195
Prix constaté : 7.95€

Lire un extrait, pour se faire une idée !

Résumé :
Quand Isao Komori est allé sur Tokyo pour y suivre ses études à l’université, il s’imaginait déjà une nouvelle vie de rêve : jeune adulte et indépendant, avec tous ses potes de fac… Mais sans vraiment comprendre comment ni pourquoi, le voilà déjà seul. Désabusé, il finit par vivre cloitré chez lui. Son seul petit plaisir est de se rendre à la supérette du quartier, pour y admirer la magnifique lycéenne qui s’y rend tous les jours. Mais un soir, alors que, pris par un élan de courage, il décide de la suivre, un curieux événement se produit : la lycéenne remarque sa présence et… Isao se réveille alors, un matin comme les autres, dans la peau de cette jeune fille ?! Il devra désormais se faire passer pour Mari, la fille la plus populaire du lycée ! Un nouvel enfer quotidien commence pour le jeune homme, tandis qu’une énorme question subsiste : puisque lui est rentré dans le corps de Mari, où est passé l’esprit de la jeune fille ?

Impressions :
A la lecture du synopsis du premier tome de « Dans l’intimité de Marie », le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’étais pas emballée. Un hikkikomori qui se retrouve catapulté dans le corps d’une lycéenne populaire, c’est la porte ouverte à toutes sortes de déviances : gros plan sur les petites culottes, scènes grivoises et autres joyeusetés typique du genre « fantasme de mâle en rut ». Mais Oh ! Surprise ! Shûzô Oshimi malgré un début un peu hasardeux, ne tombe dans l’écueil du fan service et au contraire nous propose un titre de qualité qui exploite avec justesse des problèmes de société. Avec en toile de fond cette question fondamentale : mais où est passé l’esprit de Marie ?

2

  Si vous aimez les seinen qui se jouent sur des faits de société et mettent en valeur la psychologie de ses personnages, « Dans l’intimité de Marie » devrait vous plaire. Ce premier tome met en place les personnages sans toutefois nous livrer leurs pensées les plus intimes. On découvre ainsi en même temps qu’Isao le quotidien de Marie, la jeune lycéenne sur laquelle il a flashé. Mais se retrouver dans son corps ne veut pas pour autant dire qu’il comprend la jeune fille, celle-ci n’étant plus qu’une coquille vide qu’Isao « occupe ». Ce qui pourrait ressembler à un paradis (habiter le corps de la fille de vos rêves) prend vite une tournure déconcertante, voire alarmante quand le jeune homme se rend compte que Marie n’est plus nulle part.

3

  Le trait de Shûzô Oshimi est très fin, tout en douceur pour les personnages féminins, avec des encrages bien nets. On voit qu’il accorde une importance particulière aux expressions de ses personnages, entre le visage impassible du début d’Isao et celui de Marie-Isao qui découvre son nouvel univers. Les visages sont très expressifs, les cases dynamiques, sans vide ni surcharge, le mangaka mettant l’accent sur les personnages. Pas beaucoup de décor dans ce premier tome, mis à part l’appartement répugnant d’Isao, ce qui apporte un joli contraste avec toutes ces lycéennes en fleur. Contraste que l’on retrouve dans l’apparence négligée d’Isao et celle plus chaste de Marie. Bref, un début intrigant !

Verdict : Avec les honneurs

rock