Sarah LARK – Le pays du nuage blanc

le-pays-du-nuage-blancTitre original : Im Land der weissen Wolke (2007)
Paru le : 28/08/2013
Edition : L’Archipel
ISBN : 978-2-8098-1236-7
Nbr de pages : 683
Prix constaté : 23.95€

Résumé :
Londres, 1852. Helen, préceptrice de deux enfants dans une riche famille, répond à une annonce qui propose à des jeunes femmes de partir épouser des Britanniques installés en Nouvelle-Zélande.
Sur le bateau qui la mène à Christchurch, elle se lie avec Gwyneira, une jeune noble galloise qui immigre à cause des difficultés financières de son père. L’amitié entre les deux femmes sera indéfectible malgré les épreuves, les désillusions et la haine, surtout, qui déchirera leurs deux familles. Mais elles auront la joie de voir leurs enfants s’unir et inventer une nouvelle vie, en osmose avec les autochtones et la nature.

Impressions :
J’attendais avec une grande impatience de me lancer dans la lecture du « Pays du nuage blanc », ne m’étant pas frottée au genre depuis longtemps. Un grand roman au souffle aventureux, avec de magnifiques paysages et de beaux rôles de femmes fortes… Un peu comme « Fleur de neige » de Lisa See, le roman de Sarah Lark se concentrant sur l’amitié entre deux femmes que tout oppose à priori… Du moins c’étaient les attentes que j’en avais. Quelle amère déception ! Je n’ai pas du tout adhéré au traitement de l’histoire, au parti pris de l’auteur et à la façon dont elle mène ses personnages. C’est d’une passivité, d’une bassesse écœurante, c’est bien simple l’auteur m’a pris complètement à rebrousse-poil avec sa représentation des hommes et des femmes de cette Nouvelle-Zélande du milieu du XIXème siècle.

  Au lieu de nous peindre le portrait de deux jeunes femmes ballotées par les aléas de la vie et de l’Histoire, de battantes brimées par une époque où les femmes étaient encore gouvernées par les décisions des hommes, Sarah Lark brosse le portrait de deux femmes passives, soumises, qui ne se rebellent jamais, qui ne prennent jamais leur destin en main mais laissent les éléments les porter dans l’attente d’un mieux. Je pensais vraiment que l’auteur ferait s’émanciper ses deux héroïnes, qui finiraient par se battre pour leurs convictions, pour leur famille respective, mais niet. Il n’y a aucune évolution dans leur comportement. De temps en temps un sursaut nous fait espérer un revirement, puis pouf deux phrases plus loin rebelote. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été autant agacée et dégoûtée par la tournure que prend un récit.

  C’est simple, j’ai détesté Hélène, l’une des deux héroïnes, dès que celle-ci décide de fermer les yeux sur le comportement de prédateur sexuel (que tout le monde avait remarqué) d’un des employeurs de ses pupilles. La pauvre, que peut-elle y faire ? Euh… Franchement ? Ce n’était pas un pays de sauvages non plus ! D’ailleurs, c’est une des choses qui m’a mis en rogne. Non contente de nous proposer deux héroïnes très effacées, les personnages masculins sont au choix : des pervers, des violeurs, des homos, des lâches, des sadiques. A l’exception d’un ou deux personnages… J’espère que le roman ne sortira pas en Nouvelle-Zélande, sinon ils apprécieront sûrement.

  Il y avait plein de manières différentes de nous présenter une belle amitié indéfectible entre ces femmes, avec tout un tas d’embûches liées aux conditions féminines de l’époque, aux événements historiques tumultueux avec la révolte des autochtones. Ça pouvait être dur et beau, cruel et émouvant, mais pour ça il fallait qu’il y ait une évolution dans le comportement des héroïnes. Un peu comme « La couturière » de Frances de Pontes Peebles qui brasse les mêmes thèmes, mais qui nous présente des rôles de femmes fortes, qui ne soumettent pas aux hommes. Sarah Lark aurait aussi pu forcer le trait sur le côté historique, en obligeant ses héroïnes à faire face à un monde changeant. Que nenni. Oublier les grandes espaces et les descriptions à couper le souffle. Cet aspect est largement occulté. Certains éléments sont évoqués, on s’attend à ce qu’ils provoquent quelque chose, puis rien n’arrive jamais. Comme si l’auteur avait déjà oublié ce détail ou que ça n’avait pas d’importance au final. Un peu facile… Bref, très déçue.

Verdict : Planche de salut

planche-de-salut

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4 réflexions sur “Sarah LARK – Le pays du nuage blanc

  1. belledenuit 18/11/2013 à 12:46 Reply

    Ben mazette. Tu n’as pas aimé du tout vu ton avis. C’est le premier avis négatif que je lis dessus d’ailleurs. Je n’ai pas du tout ressenti ce roman comme toi. J’ai adoré les personnages, l’atmosphère, les paysages. Et je ne crois pas du tout qu’il convient de le comparer à « Fleur de neige » de Lisa See. L’un et l’autre sont totalement différents. Du coup, c’est sûr, tu peux être déçue de ta lecture. C’est dommage.

    • nymeria 19/11/2013 à 02:39 Reply

      Au contraire « Fleur de neige » se concentre également sur le récit d’une belle amitié entre deux femmes. C’est un peu la base du roman. Comme celui de Sarah Lark. Sauf que là je n’ai pas apprécié leur personnalité, du coup leur lien ne m’a ému plus que ça… Je n’ai pas aimé la direction que prend l’auteur en fait. Mais c’est vraiment une question de sensibilité. Le livre a l’air de beaucoup plaire un peu partout.

  2. totorosworld 31/03/2016 à 10:24 Reply

    mon dieu, c’est dommage que tu l’aies ressenti comme ça. pour ma part j’ai adoré, mais effectivement les hommes n’ont pas le beau rôle et Hélène est très passive (moi, c’est le fait qu’elle ne se rebelle pas contre son mari qui m’a gênée)

    • nymeria 05/04/2016 à 15:49 Reply

      J’ai horreur des personnages passifs ^^ Ca me donne envie de les secouer. Et là, personne ne bouge le petit doigt, ça m’a énervée XD

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