Peter ROCK – L’abandon

TL'abandonitre original : My abandonment (2009)
Paru le : 07/03/2013
Edition : Points
ISBN : 978-2-7578-3032-1
Nbr de pages : 259
Prix constaté : 6.70€

Résumé :
Père dit qu’on nous espionne et qu’il ne faut pas parler aux étrangers. Ils ne nous comprendraient pas. Notre maison est un abri sous terre au cœur de la forêt. Seuls Père et moi savons que c’est une maison. Parfois, je grimpe dans le poste de guet. Il fait chaud. J’ai retiré mon chemisier lorsque j’entends une respiration qui s’approche. Il court. C’est un joggeur. Va-t-il nous trahir ?

Ce que j’en ai pensé :
Ce livre me faisait de l’œil depuis que je suis tombée sur un avis qui le disait dans le même genre que « La Route », un O.L.N.I. bizarrement envoûtant et qui m’a durablement marqué. J’ai commencé ma lecture sans a priori parce que je sais comme parfois on aime à crier au loup (ça fait vendre des romans, même quand c’est mensonger). Si je n’irai pas jusqu’à le comparer au maitre, il y a quand même un petit je-ne-sais-quoi qui lui ressemble, une aura similaire, une ambiance crépusculaire. Dieu sait pourtant que je ne suis pas fan du « nature writing », « Into the Wild » et « Sukkwann Island » ne m’ayant convaincu ni l’un ni l’autre. Mais « l’abandon » est étrange.

  Etrange de par sa narration intérieure faite par Caroline, l’héroïne de cette histoire vraie, qui nous parle depuis « sa tête » et ne fait que livrer sa vision des choses. Etrange par la prose de Caroline qui est syncopée, lunaire, surréaliste. Etrange par son récit qui nous emmène dans la vie de deux marginaux (un père et sa fille) qui vivent dans des arbres au beau milieu de la forêt. On serait presque angoissé à lire ce roman qui nous piège par son compte-rendu magnétique. Et l’on attend fatidiquement, le moment où tout ça finira mal. Il suffit d’une petite poussière pour mettre à mal les rouages d’une machine pourtant bien huilée. Les chèques réceptionnés une fois par mois pour acheter le nécessaire, le troc avec les clochards du coin pour récupérer ce qui fait défaut, les cachettes dispersées dans les bois, le comportement vigilant pour ne pas laisser de traces… Oui, tout ça est mis à mal par un joggeur qui aperçoit l’espace d’une seconde la jeune fille nichée dans les arbres. Et tout bascule.

  Le roman rend très bien compte de la manière dont les médias s’emparent de l’affaire avec délectation, et comment les services sociaux aiment à jouer les bons samaritains, quitte à briser tout ce qui a été construit. On ressent des sentiments conflictuels à la lecture de ce roman. On se demande en premier lieu comment ce père peut imposer ce mode de vie à sa fille unique, on le sent détruit et hanté par des cauchemars d’une guerre qu’il a menée. On comprend à demi-mots que c’est un vétéran et que la jeune fille lui sert de point d’ancrage à la réalité. Puis, on en veut presque aux autorités de briser le semblant d’équilibre qui les unissaient. Alors, c’est la fuite encore. Et quelques bribes de révélations, des éclairs de lucidité qui passent dans l’esprit de la jeune fille une fois l’inévitable produit, nous font entrevoir la cruelle vérité. Je tiens tout de même à préciser que le roman n’est pas « choquant », ce que pourrait laisser penser certains avis que j’ai lu. Mais assurément il est oppressant. A découvrir.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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