Masahiko SHIMADA – La fille du chaos

la fille du choasTitre original : Chaos no musume (2007)
Date de parution : 21/03/14
Editions : Nouvelles éditions Wombat
Collection : Iwazaru
ISBN : 978-2919186433
Nbr de pages : 416
Prix constaté : 23€

Résumé :
Petit-fils d’une prêtresse chamane, Naruhiko a hérité de ses dons de voyance, qui provoquent chez lui des crises de narcolepsie. Pour mieux contrôler ses pouvoirs, l’adolescent retourne sur la terre de ses ancêtres, dans le Hokkaidô, afin d’y subir un éprouvant rite d’initiation…

Mariko, lycéenne devenue amnésique, est séquestrée pendant deux ans par un homme qui abuse d’elle et la conditionne au meurtre. Libérée par la mort de son geôlier, elle se rend à Tôkyô pour tenter d’y retrouver son identité. Mais elle est happée par la violence des bas-fonds et les réseaux de prostitution, qui la conduiront de nouveau à tuer…

Tandis que la police enquête sur les meurtres de la jeune fille qui apparaît en rêve à Naruhiko , son chemin croise celui de Sanada, un professeur d’université condamné par la maladie, qui décide de l’aider à recouvrer la mémoire, tout en orchestrant une nouvelle spirale de destruction…

Impressions :
« La fille du chaos », c’est un mélange de genres qui fonctionne bien, un virulent plaidoyer contre des pratiques nippones douteuses où les jeunes filles sont vues comme de vulgaires esclaves sexuelles. C’est aussi un thriller incroyablement efficace doublé d’un récit fantastique très prenant nous emmenant sur les traces des esprits et autres forces de la nature. Envie de vous dessiller les yeux de votre vision idyllique du Japon ? De vous faire bringuebaler entre des pratiques infâmes et une bonté salvatrice ? Entrez donc dans le Chaos…

  En constant ballotement entre fantastique et thriller, le roman de Masahiko Shimada possède une structure narrative très immersive, notre attention se focalisant sur une dualité toute japonaise dont l’auteur fait son fer de lance. L’ambivalence entre modernité et anciennes coutumes, (ici apportées par le chamanisme), entre une jeune fille avilie et un jeune homme qui cherche sa voie. Cet équilibre est maintenu aussi bien dans le contenu du roman, qui balance sans cesse de l’un à l’autre, que par la narration qui alterne les points de vues et les chapitres entre Arisa et Naruhiko. Le destin des jeunes gens finira par se croiser, chose plutôt étonnante, nos deux héros navigant dans des univers complétement différent.

  Alors qu’Arisa se fait enlever on ne sait trop pourquoi et livrée aux mains d’un pervers qui abusera d’elle physiquement et psychologiquement, Naruhiko lui, mène une vie étrange, atteint d’une puissante hypersomnie qui l’empêche d’avoir une vie normale. Cet étrange trouble semble lui avoir été légué par sa grand-mère, en même temps que de visions du futur, que certains s’empresseront d’utiliser à mauvais escient. Que ce soit le don de Naruhiko pour le chamanisme, ou la beauté hors du commun d’Arisa, les deux provoquent des convoitises, des jalousies, des perfidies, dont ils auront bien du mal à se garder. Inévitablement, les deux protagonistes sont bernés, humiliés, on profite d’eux, mais ils sont tous deux combatifs et trouveront des manières opposées de se révolter.

  La lente déchéance d’Arisa, qui se défait de son tortionnaire pour entamer une escalade de violence, les morts se succédant sur son passage, est horrible à suivre. Déshumanisée, dépersonnalisée (elle ne sait même plus comment elle s’appelle, ni comment était sa vie avant), la jeune fille erre dans les rues de Tôkyô, à la recherche d’elle-même mais surtout d’un sauveur qui pourrait la protéger et la ramener chez elle. Elle qui essaie d’accorder sa confiance à autrui, se fait sans cesse exploiter, on ne peut qu’être ému par sa fragilité, même quand elle déchaine la violence pour se défendre. Son histoire, tragique, entre dans un malheureux concours de circonstances, que l’on découvre peu à peu, l’auteur nous apportant les différentes pièces qui constituent ce mystère petit à petit. L’insertion du chamanisme avec ses esprits malveillants qui manipuleraient les vivants est vraiment très bien amenée et donne à « La fille du chaos », un caractère abouti.

  En bref, une très bonne découverte, à déconseiller cependant aux âmes sensibles par le caractère plutôt violent des sévices que subit Arisa.

Verdict : Avec les honneurs

rock

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6 réflexions sur “Masahiko SHIMADA – La fille du chaos

  1. Escrocgriffe 21/05/2014 à 17:50 Reply

    « En bref, une très bonne découverte, à déconseiller cependant aux âmes sensibles par le caractère plutôt violent des sévices que subit Arisa »

    Dommage pour moi, car l’histoire me plaisait bien 😉

    • nymeria 21/05/2014 à 19:16 Reply

      Je trouve que c’est important de signaler quand il y a des scènes choquantes, histoire d’éviter les mauvaises surprises ^^ Mais le roman est vraiment bon, il vaut le détour. Merci pour le p’tit mot !

  2. Sita 26/05/2014 à 12:37 Reply

    Oh, je note le titre, ça a l’air intéressant. Ca me fait penser aux « bébés de la consigne automatique » de Ryû Murakami que j’ai lu et adoré l’an passé. Il me semble que c’est pile dans le même genre, dans un Tokyô sans âge sale et glauque, ancré dans la prostitution, la violence et les dérives.

    Du coup j’ai voulu savoir si ma bibliothèque le possédait et la recherche m’a redirigée vers « Rebelle » de Pixar. D’accord… :p

    • nymeria 28/05/2014 à 20:08 Reply

      « Les bébés… » c’est un roman que je veux lire depuis super longtemps tiens ! A une époque, je lisais les romans asiatiques un peu contoversés, et j’avais noté celui-là.

      « La fille du chaos » est sorti chez une petite maison d’édition qui publie des romans asiatiques un peu à part mais de qualité. C’est dommage que leurs romans se fassent si peu connaitre.

      Ah!ah! la redirection vers Rebelle, rien à voir ! XD

  3. mayia 21/06/2014 à 13:15 Reply

    Je ne sais pas pourquoi. je n’ai pas accroché pleinement. Peut être que c’était pas le bon moment .

    • nymeria 25/06/2014 à 17:38 Reply

      Ca m’arrive aussi de ne pas accrocher à une lecture sans réussir à mettre le doigt sur ce qui me chiffonne. Ca dépend des goûts, du moment et de l’état d’esprit je crois. Merci de la visite 🙂

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